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Le blog de l'éditeur

 

Ouverture des Tours des rois d'Aragon-Beffroi-Hôtel de Tauriac, le 8 juillet.

 

 

La peste

La peste

La peste Noire

Comme l'indique Boris Bove (Le temps de la guerre de Cent Ans, Belin, 2012, p. 282-283), "la peste étonne les hommes du XIVe siècle parce qu'elle a disparu d'Occident depuis l'an 767". Elle est donc inconnue lorsqu'elle réapparait, tandis que d'autres épidémies comme la lèpre, la rougeole, la variole ou le paludisme sont connus et ne font pas figure de fléaux.

Deux formes de peste sont décrites alors, la bubonique, avec abcès, et la pulmonaire, mortelle, contagieuse et foudroyante, associée à des crachements de sang.

Bubonique, elle se transmets par la puce de rat et atteint l'homme de manière indirecte, à la faveur d'une piqûre ou par contact des muqueuses avec une substance infectée. Dans les cas les plus courants, la maladie de déclare au bout d'un à six jours, avec apparition de fièvre brutale, de pustule qui se nécrose et forme une plaque gangréneuse noirâtre, le "charbon". 20 à 40 % des malades en réchappent.

Pulmonaire, comme en hiver 1347-1348, et faisant suite à la bubonique, elle est contagieuse, se transmettant par la salive : elle est mortelle à 100 %.

La peste arrive via les Génois à Messine puis à Marseille le 1er novembre 1347. Elle suit les voies commerciales, de préférence fluviales, "les puces voyageant plus vite à fond de cale qu'à dos de mule". Elle se répand le long du Rhône, en Languedoc (février 1348), atteint Toulouse (avril), remonte vers Bordeaux par la Garonne.

Si elle est plus virulente dans les villes caractérisées par la densité des populations et l'entassement des ordures, elle touche également les campagnes.

A Millau

Au Moyen Age

A Millau, selon ce que nous indiquent les documents d'archives, la peste Noire, emporte une importante part de la population en 1361, dont cinq consuls et trois régisseurs des travaux conduits sur les fortifications : c'est également la guerre de Cent Ans.

La population, évaluée au début du XIVe siècle à 1700 feux (groupe de personnes vivant sous un même toit), décroit de moitié. Aux archives municipales, la mention "totz son mortz" figure en marge d'un livre de compte, rendant bien compte du triste fléau.

La peste sévit ensuite à de nombreux intevalles aux siècles suivants.

Au XVe siècle

La peste est mentionnée dès 1413-1414. Des processions générales sont alors organisées pour demander à être préservé de l'épidémie (1414-1422-1436).

Au-delà des prières, les consuls tentent de repousser l'épidémie en réduisant l'accès à la ville intra-muros, notamment en fermant les portes, dès 1430.

En 1456, il est défendu aux bohémiens venant de "terra-bassa" d'entrer en ville à cause de l'épidémie régnant "aux lieux d'où ils venaient". Des délibérations relatives à des mesures préventives de la contagion sont prises. Et, lorsque 120 bohémiens arrivent à Millau, conduits par noble Thomas, comte "del petit..." en Bohème, demandant des vivres et des logements en vertu d'un mandement du Roi de France, refus leur est fait d'ouvrir les portes par crainte de vols et de peste ; ils sont alors  hébergés dans la maison de Saint-Jean hors les murs, à savoir la maladrerie. D'autres, tels un habitant de Lodève, sont hébergés dans les faubourgs, et sont soignés. En raison de l’épidémie, le consulat décide même de s’attacher les services d’un médecin et d’un chirurgien. Le premier s’installe en ville est promet d’y demeure 6 mois.

Lorsque la mort survient, les malades atteints "del carboncle" sont enterrés, parfois de nuit, afin d'éviter "la rumor del poble" (27 septembre 1472).

La peste sévit toujours en 1478 : nombre d'habitants sont chassés de la ville. Les offices ne se font plus dans l'église paroissiale Notre-Dame de l'Espinasse et un grand nombre d`habitants se retirent à la campagne, à Saint-Germain. Le nombre de décès contrait les autorités à rouvrir l'ancien cimetière.

La peste continue de se propager au début du XVIe siècle. Elle est présente en Languedoc et les voyageurs en provenant, soupçonnés d’avoir « la bossa » sont interdits de pénétrer en ville. En 1521, elle se déclare dans l'hôtel des trois Rois, le lendemain de la foire de février.

Alors, dès milieu du siècle, on décide de faire construire la "maison de la peste".

Pendant les guerres de Religion

En 1572, la peste succède à une famine. Elle réapparait en 1580. Une description du mal est alors faite dans les "Mémoires d'un Calviniste" : "En ce même temps, en ce dit pays de Rouergue, survint une si grande maladie que les coeurs estoient tout à coup abattus de fièvre et de douleurs de reins, de cuisses, et de jambes, et dégousté que tout ce que l'on mangeoit on le trouvoit amer, même le vin, et après cela se mettoit en rhumes et catarrhes".

Le constat est toujours le même : "de laquelle maladie ne mourroient guère, sinon vieux et catarrheux. [Mais] si le mal venoit en flux de ventre, n'en échappoit guère et ne duroit plus de 6 jours".

Vers 1585-86, des "nettoyeurs de la peste" sont employés. On leur fournit des fagots de paille, des médecins s'occupent de " la sancté des pestzfiérés", on achète des « drogues » et de l’eau de vie.

Ainsi, il est dit dans les registres des archives municipales, qu’en 1587, la peste emporta 4000 personnes environ "à cause que la guerre les empêchait de se retirer dans les champs".

Dès le début du XVIIe siècle, obligation est faite aux étrangers de produire "leur bulletin" avant d'entrer en ville. En 1631, un commis à la garde de la porte de Jumel est nommé. Il a également vocation à la vérifier les bulletins de santé des étrangers se rendant à Millau.

En 1631, les consuls prennent des mesures d'éloignement, ferment les portes de la ville, y mettent des gardes en faction, font murer les maisons des malades... et des remises sont accordées à certains fermiers.

Enfin en septembre 1652, une femme nommée Louyse Bouissière et a sa fille sont mises en quarantaine  "pendant quarante trois jours" suivant l'ordre du conseil de santé.

Aux XVIIIe et XIXe siècles

Le XVIIIe siècle est marqué par la fusion des hôpitaux et oeuvres de charité. Les archives municipales ne semblent pas garder mémoire d'épidémies comparables à celles des siècles précédents. La ville est toutefois touchée par une "épidémie variolique" en 1782, qui impose une nouvelle fois de se questionner sur les inhumations.

Il n'est pas fait mention de la grippe espagnole de 1919, mais de celle qui lui fait suite en 1927 et qui voit 40 décès au mois de janvier.

 

Pour conclure avec Boris Bove cité plus haut, l'épidémie pesteuse du XIVe siècle, comme la grippe espagnole, " est portée par l'intensité de la circulation des hommes ; elle est d'autant plus meurtrière qu'elle rompt un équilibre des pathologies. Sans doute l'incompréhension du phénomène contribua-t-il à désarmer les hommes face à ce fléau.

 

Mémoires d'un calviniste de Millau, publiés d'après le manuscrit original, par J.-L. Rigal. Rodez, Carrère, 1911. (Archives historiques du Rouergue, t. II.) : consultable en salle de lecture aux archives Municipales de Millau.

 

"Que valent les comparaisons avec les épidémies du passé ?"

https://www.franceculture.fr/emissions/radiographies-du-coronavirus/que-valent-les-comparaisons-avec-les-epidemies-du-passe?fbclid=IwAR19JNPJceSNA2ipdI6PPercz8qHjMiVxPmffxhPrDVl4b9XQQngBa9yL3g

« L’humanité a toujours vécu avec les virus »

https://lejournal.cnrs.fr/articles/lhumanite-a-toujours-vecu-avec-les-virus?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1PWwp21b-8K2-HQTgldEpI3NGuU6ZIx_Rt0qLwy6wLhro-ArO1zwmCREQ#Echobox=1587790923

 

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Actualités du patrimoine

Juillet-septembre 2020 : Exposition de Catherine Guilhou: Le cadre des choses, Hôtel de Tauriac.

8 juillet 2020 : Ouverture du site patrimonial Tour de rois d'Aragon-Beffroi-Hôtel de Tauriac.

18 mai 2020 : Réouverture du service des archives municipales, sur rendez-vous.

Mars-avril 2020 : En ces jours de confinement, le service archives-Patrimoine, Ville d'art et d'histoire diffuse quotidiennement, ou presque, sur son blog, une page sur l"histoire et le patrimoine de la ville.

16 mars 2020 : Report de l'ouverture du site patrimonial de la tour des rois d'Aragon et du Beffroi prévue le 04 avril 2020.

Report de l'exposition de photographies de Catherine Guilhou, Le cadre des choses, Hôtel de Tauriac. 1er étage.

Décembre 2019 : La tour des rois d'Aragon & le beffroi, publication d'un Focus Ville d'art et d'histoire.

Juin-septembre 2019 : L'Artothèque s'expose à l'Hôtel de Tauriac (à côté de la tour des rois d'Aragon&beffroi), du 26 juin au 22 septembre.

Avril-juin 2019 : Exposition d'Anne Sarda : L'infini voyage du petit peuple, Hôtel de Tauriac. Du 19 avril au 16 juin.

Avril-mai 2019 : Installation d'Anne Sarda : R(évolution(s), Espace Culture. Du 08 avril au 03 mai.

Mars 2019 : Opération de fouilles archéologiques préventives, ilôt "Temple-Voultre". Du 11 au 15 mars.

Janvier  2019 : Retirada : appel à collecte aux archives municipales de Millau. > pour en savoir plus

Décembre 2018 : La restauration du tableau d'Hypolite Adam, La Déploration, est achevée. Le tableau est accroché dans l'église Saint-François.

Novembre 2018 : Commémoration de l'armistice de 1914-1918. Elle a été l'occasion de la pubication d'un Focus consacré au Parc de la Victoire.

15-16 septembre 2018 : Journées Européennes du Patrimoine. Le RENDEZ-VOUS.

Août-septembre 2018 : Videomapping dans la tour des rois d'Aragon.

Juin-Juillet-Août 2018 : Le patrimoine de Millau est à l'honneur avec des visites libres ou des visites guidées Laissez-vous conter Millau, la tour des rois d'Aragon et son beffroi,... l'histoire de la ganterie : regardez les programmes...

Mai 2018 : Parution de la revue "Le patrimoine. Histoire, culture et création d'Occitanie", n°52. Le golfe du Lion, hier et demain, Printemps 2018, 144 pages, avec un article consacré aux archives municipales de Millau, "Millau, son trésor d'archives".

Avril 2018 : Les travaux de réaménagement du Parc de la Victoire sont achevés.

Mars 2018 : Un généreux donateur a offert un plan des fortifications de MIllau faites et à venir, datable du 1er tiers du XVIIe siècle, aux Archives Municipales de la Ville.

Janvier 2018 : La restauration du tableau d'Hyppolite Adam est achevée. Restent quelques couches de vernis à appliquer et le tableau pourra être déplacé.

Décembre 2017 : Restauration du tableau d'Hyppolite Adam, d'après la Descente de croix de Regnault (fin 19e siècle). Notre-Dame de l'Espinasse. Cette restauration occasionne la fermeture momentanée et exceptionnelle de l'église Notre-Dame de l'Espinasse.

Octobre 2017 : Le cycle des conférences patrimoniales reprend : le 14 novembre aura lieu une conférence sur le Pont Vieux et le moulin, à la MESA. 18h30.

Septembre 2017 : Dans le cadre de la refonte paysagère du Parc de la Victoire, le buste de son commanditaire, André Balitrand, est nettoyé et retrouve tout son éclat.

Aout 2017 : L'Association des Peintres et Sculpteurs réntègre le moulin du Pont Vieux.

Juillet 2017 : Les travaux du moulin du Pont Vieux sont achevés.  réintègre le site en août !

Juin 2017 : Les travaux de rénovation du moulin du Pont Vieux touchent à leur fin. L'inauguration a lieu le 21 juin à 11h30 sur place.

Avril - Mai 2017 : La rénovation des parties intérieures du moulin du Pont Vieux est en cours d'achèvement.

Mars 2017 : Les travaux de rénovation du moulin du Pont Vieux se concentrent sur la couverture de lauzes de calcaire.

Février 2017 : Les travaux de rénovation du moulin du Pont Vieux sont ralentis par les intempéries.

Janvier 2017 : Les travaux de rénovation du moulin du Pont Vieux touchent essentiellement la toiture de lauses et le revêtement du hall d'entreé.

Décembre 2016 : Les enduits extérieurs du moulin du Pont Vieux sont quasiment achevés, les peintures des ferrures également. Les travaux intérieurs débutent.

Novembre 2016 : La restauration du moulin va bon train. Le bâtiment occidental a été réenduit aux couleurs que montraient les premières photographies connues. Des grilles condamnent l'accès à la souche du moulin aux pigeons.

Octobre 2016 : Les pans de bois du bâtiment oriental ont été recouverts d'enduit. Sa toiture est en cours d'achèvement. Les anciens enduits exterieurs du bâtiment occidental sont enlevés et montrent un appareil de tuf exclusivement.

Septembre 2016 : Les travaux se poursuivent. Le soubassement du moulin, nettoyé, est en cours de rejointoiement. Au-dessus, la partie orientale du moulin a également été décroutée et montre un édifice en pans de bois, unique sur ce bâtiment. Les tuiles mécaniques qui couvrent cette zone ont été enlevée et une nouvelle toiture devraient être installée d'ici la fin du mois.

Août 2016 : Les travaux du moulin du Pont vieux ont débuté depuis quelques semaines. Le décroutage des parties hautes montrent que l'étage du bâtiment est fait de pans de bois avec un remplissage de tuf. Les travaux dans les parties immergées voient le remplacement des pierres les plus endommagées.

Juillet 2016 : A la suite de la restauration du pont vieux, effectuée entre juillet 2015 et janvier 2016, les travaux de restauration du moulin qui lui est adossé débutent. Ce mois de juillet doit surtout voir l'installation des échafaudages. Deux tranches de travaux permettront de restaurer l'extérieur, de la souche aux toitures, et de réaménager les salles intérieures. A l'issue des travaux, l'Association des peintres et sculpteurs pourra réintégrer les lieux tandis que des visites ponctuelles pourront y être organisées.

Loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine

> La loi doit permettre d’"affirmer et garantir la liberté de création" et de "moderniser la protection du patrimoine". Le principe de "liberté de création" est inscrit dans la loi. La "liberté de création" devient une liberté publique, au même titre que la liberté d’expression ou la liberté de la presse.

Lien vers le texte de loi

Extrait concernant le patrimoine

Mai 2016 : La Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) du 8 avril 2016 a émis un avis favorable pour l'inscription au titre des monuments historique du moulin du pont vieux. La protection concerne le soubassement du moulin avec les roues à cuve et leur mécanisme ainsi que les façades et les toitures des parties hautes du moulin.

Février 2016 : Les travaux du pont vieux s'achèvent. La reception des travaux est prévue dans le courant du mois.

> 2015-2014

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Le Ministère de la Culture et de Communication a délivré le label Ville d’art et d’histoire à la ville de Millau en 2010. Depuis, la Ville de Millau mène des actions en direction du Patrimoine archéologique, bâti, mobilier ou encore environnemental, alliant connaissance, restauration et valorisation.